31.12.2011
AVANT… AVANT, 1er JANVIER AU VILLAGE
La fête du premier janvier, dans le pays Gouro au centre ouest de la Côte d’Ivoire, vécu dans les yeux d’un jeune garçon...
Les préparatifs de la fête…
Des jeunes garçons au nombre de 10 ou 15, scolarisés ou non, ayant approximativement le même âge s’organisaient pour faire un programme de fête. Une fois le programme arrêté, il fallait passer à la levée de fond pour la fête. Un montant de la cotisation est alors fixé, de même qu’une date butoir pour s’acquitter de sa cotisation. Afin de payer la cotisation et se payer des habits pour la fête, ces jeunes garçons s’organisaient en coopérative dénommé en Gouro « Sohôté » pour travailler dans les champs de ceux qui ont besoin de main d’œuvre moyennant de l’argent. La date fixée pour les activités de la société était généralement le jeudi afin de permettre la participation des membres du groupe qui étaient scolarisés. Il faut mentionner que dans les années 80, le jeudi était jour de repos pour les écoliers en Côte d’Ivoire. Le montant pour chaque prestation de service pouvait varier entre 500 et 1000 f CFA. Un membre du groupe ou une personne âgée de bonne moralité était désignée pour la trésorerie. Les activités de cette société constituée pouvaient durer entre deux et trois mois. Deux à trois semaines avant le premier janvier, tous les membres du groupe se réunissaient pour le partage de l’argent récolté après déduction de leur cotisation pour la fête. Il faut noter que ce partage se faisait au prorata du nombre de participation aux activités de la société.
…et son déroulement.
Une semaine avant le jour J, le groupe procédait à la construction d’une palissade dénommée « Faah » en Gouro. Construite en feuille de palmier, ce Faah avait une forme rectangulaire. Et pour garder une certaine forme d’intimité des membres du groupe, il était procéder à un certain découpage pour faire des chambres. Pour l’éclairage de la palissade, deux solutions s’offraient généralement. Soit des lampes champêtres, soit des lampes spéciales « pétromas ». Mais les plus ingénieux se faisaient des installations électriques en utilisant des piles.
Deux moments clés dans le déroulement de la fête : la nuit du 31 décembre et la journée du premier janvier. La nuit du 31, le groupe la passait sous le Faah au rythme des chants et danse car la musique était généralement pour les grandes personnes. En effet, la location du matériel de sonorisation reviendrait chère au groupe. Un moment très important dans la nuit du 31 décembre est le repas. Le menu était très simple : du vermicelle « macaroni » que nous appelions en Gouro « Bliblibonhan » ou « Mihnbonhan » accompagné de pain. La journée du premier janvier, chaque membre se rendait à son domicile pour se laver et se mettre sur son 31. Et le rendez-vous était pris vers midi pour partager un repas. Le menu était aussi simple : du riz gras que nous appelions « Sassiéhi » en Gouro, accompagné d’une bouteille de sucrerie.
La fin de la journée était réservée à la traditionnelle cérémonie de Bonne année. Cela consistait pour un enfant à se présenter devant une personne âgée en lui disant « Bonne année ». En retour, l’enfant attend à ce que le plus âgé lui donne quelques jetons. Pendant les années fastes de la Côte d’Ivoire, une bonne cérémonie de bonne année pouvait rapporter une somme d’argent consistante.
Réussir sa fête se résumait à manger du « Bliblibonhan » ou du « Mihnbonhan » la nuit du 31 décembre, du « Sassiéhi » la journée du 1er janvier et réussir son « Bonne année ».
08:16 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fête, village, gouro, côte d'ivoire
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