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19.02.2012

COMMENT RÉUSSIR L’INTÉGRATION DES TIC DANS LE SYSTÈME ÉDUCATIF IVOIRIEN

Web.jpg Ce texte est une contribution que j'ai faite dans les colonnes de FratMat.info, la version électronique du quotidien gouvernemental Fraternité Matin.

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21.04.2011

Pour une amélioration des systèmes éducatifs en Afrique Sub Saharienne

index_education.jpgNul n’est sans ignorer les difficultés actuelles des systèmes éducatifs des pays de l’Afrique au Sud du Sahara. Dans la littérature scientifique sur la thématique, beaucoup de causes ont déjà été identifiés. Parmi celles-ci l’on peut noter, les problèmes d’infrastructures, les problèmes liés à la quantité et à la qualité du personnel enseignants etc. Mais, une lecture de la situation de nos systèmes éducatifs en se basant sur les travaux de Pierre Levy nous donne d’autres éléments de réflexions. En effet, dans son ouvrage Les technologies de l'intelligence, cet auteur dégage trois époques : l'époque de l'oralité primaire, celle de l'écriture et celle de l'informatique. Pour lui, à chaque transition, le nouveau mode de transmission ne supprime pas le précédent mais constitue plutôt une couche supplémentaire dans les canaux de diffusion du savoir. Il n'y a donc pas de substitution de l'écrit à la parole. En effet, lorsque l’écrit s'est imposé, la parole n'a pas disparu mais son rôle a évolué au sein de la société. Certaines fonctions comme, par exemple, la conclusion de pactes entre tribus ont été récupérées par l'écrit. Ainsi, si le moyen devenait différent, la fonction restait la même.

Alors que dans les sociétés occidentales, le passage de l’oralité à l’écrit a été fait de façon harmonieuse en tenant compte des réalités sociales, cela n’a pas été le cas en Afrique. Une des raisons semble être le fait que le passage de l’oralité à l’écrit en Afrique n’a pas été initié par les Africains eux même mais plutôt par le colonisateur pour des buts et besoins qui lui étaient propres. En effet, la préoccupation du colonisateur était plus porter sur la reproduction d’une société occidentale en Afrique que sur la prise en compte de la réalité Africaine. Ainsi, le colonisateur dans sa quête de reproduction de la société occidentale en Afrique a pris le soin de supprimer tout ce qui dans nos traditions ne semblaient pas en conformité avec les pratiques de la société occidentale. De sorte qu’aujourd’hui, plus les Africains sont instruits, plus ils semblent s’éloigner de leurs cultures; car il faut le reconnaitre, nos systèmes éducatifs n’ont jamais été conçus pour favoriser nos intérêts, nos cultures, mais plutôt les buts et les intérêts du colonisateur.

Pour répondre aujourd’hui à la problématique de la qualité de nos systèmes éducatifs, il semble important de faire l’état des lieux du passage de l’oralité à l’écrit afin de tenir compte de nos réalités, de notre quotidien d’Africain. Une telle initiative nous permettra d’une part, de réduire l’écart entre l’éducation formelle reçue par l’enfant Africain à l’école et celle informelle qu’il reçoit dans son milieu de vie (à la maison, dans le quartier au côté de ses amis etc.). D’autre part, elle nous permettra de trouver des encrages sociaux et des fondements traditionnels à nos systèmes éducatifs. Ainsi, l’éducation du jeune Africains devrait d’abord s’enraciner sur les valeurs propres de l’Afrique et ensuite s’ouvrir sur le reste du monde. C’est de cette façon que l’Africain pourra sa part dans ce monde du donner et du recevoir.

Une telle réalisation devra partir d’une évaluation complète des systèmes éducatifs existants. Et sur la base des résultats de cette évaluation, il faudra bonifier l’existant en y introduisant des savoirs et savoirs-faires basés sur les valeurs traditionnelles Africaines. Cette introduction devrait se faire de façon progressive de sorte que, la culture Africaine devienne à court et moyen terme l’élément central des systèmes éducatifs des pays Africains. Pour la conception et la mise en œuvre de telles améliorations, il faudrait une mobilisation de la communauté éducative, de la société civile sans oublier les dépositaires de nos traditions que sont la Chefferie traditionnelle et la Royauté.